Je flippe, tu flippes.

Parfois, tu te dis que tu es trop alarmiste, trop maman poule ou papa poule. Que finalement tu ne laisses pas respirer tes gosses, et que comment on faisait nous, avant, bordel, on n’était pas si alarmiste, hein, le rôle des médias et compagnie.

Et puis arrivent ces périodes un peu plus détendues du slobard, où tes enfants grandissent, tu les lâches un peu plus, tu les surveilles un peu moins, ils sont raisonnables quand même.

Comme la fois où je les surveillais du coin de l’oeil et qu’elle s’est étouffée avec son poulet. Qu’il a fallu faire le fameux « Heimlich » qui te revient d’un coup d’un seul, malgré les 10 années qui te séparent de tes cours de secourisme (tu sais, ceux auxquels tu avais assisté en rigolant comme une baleine, jeune et insouciante).

Après, tu les surveilles quand ils mangent. Tu leur intime de mâcher longtemps. Tu te vois même en train de leur faire un cours de bio sur la déglutition. La salive et compagnie. Et puis, sentez, quand on mâche, on sent mieux le goût des aliments, vous trouvez pas ?

Et puis, il y a les dangers que tu connais bien. La noyade par exemple : quand chaque année tu emmènes ta classe à la piscine, et que les maîtres nageurs te rappellent qu’il y a en France plus de noyés que de morts sur la route, tu as bien conscience qu’au bord de l’eau, c’est l’alerte rouge. Quand tu vas à la piscine, tu surveilles, tu te baignes un peu, mais tu surveilles bien ; par exemple, tu fais sortir tout le monde quand tu vas pisser. Les premiers jours. Et puis ensuite, tu te détends un peu aussi, et puis tu surveilles moins. Comme la fois où je me faisais les ongles au bord de la piscine, dos au bassin, évidemment, le soleil éblouissait de face. Tu jouais tranquille au bord, sans être dans l’eau, avec ton petit seau. Putain de cliché. Et puis, d’un coup, ton père, qui me faisait face, a jeté son téléphone, et s’est précipité, en criant, dans l’eau. En une seconde tu sombrais. Déjà. Sans aucun bruit. Pas même u petit plouf d’alerte. Petit corps de 3 ans qui ne se débat même pas. Je t’ai serré comme jamais. A t’étouffer de soulagement parce qu’à nouveau tu respirais.

Après, tu deviens maître nageur. Debout, au bord de l’eau, bras croisés dans le dos. Quand ils sont invités chez des copains, tu demandes toujours s’il y a une piscine.

Ces derniers jours, c’était les vacances. Ils jouent dehors, je surveille du coin de l’oeil, du coin de l’oreille. Et je me détends petit à petit. Je surveille moins. Ils sont grands et raisonnables.

Et puis, il y a l’alerte. Cette fois-ci c’est Berenyss. D’autres fois, c’est un autre enfant, un autre endroit. Un autre foutu taré. 

Qui te rappellent que jamais, jamais ils ne sont à l’abri.

Et toujours, toujours rester en alerte.

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