La pénible histoire du pull de Noel, l’histoire de toute ma vie

Comme beaucoup de français en ces temps tristes et lugubres, Noël est une période qui me file les boulasses, le cafard, l’araignée, la muerte. Mais cette année, j’ai décidé de trouver un antidote, d’inverser la vapeur de Noël.

Voici donc une histoire, un petit conte de Noël, où tu apprendras pourquoi je risque de passer le Réveillon du jour J en pyjama blanc à rennes rouge.

Il était une fois moi (oui, autant d’égocentrisme appelle à la gerbe, mais que veux-tu, il n’est pas encore venu le temps des cathédrales où le poète me prît pour sa muse et qu’à mon sujet une histoire il écrivit, utilisant de fait le pronom personnel « elle »).

Bref, il était une fois ma gueule, qui, après avoir tenté de négocier une petite escapade de fin d’année en Suède avec son cher et tendre (tentative qui s’est avérée être un échec commercial bien plus important que celui d’Halloween cette année), décida d’affronter ses démons, de prendre le taureau par les burnes cornes, et de regarder Noël, les yeux dans les yeux, face to face, et de l’affronter comme personne. Comme l’autre là, avec le Minotaure.

Pour amorcer ce nouveau pan de ma vie d’adulte, j’ai décidé d’en faire des caisses à Noël cette année.

À commencer par inviter mes BP à bouffer le soir du Réveillon. Et si tu connaissais mes BP, je te jure que tu déclarerais que l’invitation aux BP pour le Réveillon est déductible des impôts, au même titre que filer des ronds à une asso cari (bah, si on dit asso, on dit cari, ou sinon on dit association caritative et c’est bien plus long et bien moins sexy). Pas rapport au fait qu’ils bouffent beaucoup, non… Rapport au fait qu’ils sont tellement … comment dire … je dirais … so (je cherche en anglais, I’m bilingual of course)…inqualifiables. Voilà.

Ne supportant plus les Noël chez eux, face to face avec mon plat surgelé, j’ai pris le taureau par tu sais quoi, et j’ai décidé d’affronter tu sais qui et de les inviter à bouffer (à moi le Paradis et les 36 puceaux érectiles).

Donc là je réfléchis jour et nuit au menu, je voudrais bien sûr leur donner une leçon de Noël. Je ne vois déjà jeter le plat sur la table en gueulant : « ÇA, C’EST DU PLAT DE NOEL MA RACE, C’EST POURTANT PAS COMPLIQUÉ PUTAIN ».

Dans un souci d’homogénéité, j’ai également viré toutes les décorations Noël-mais-pas-trop, comme les boules marron et les guirlandes violettes. Cette année, seuls le rouge, le blanc et le faux renne empaillé ont droit de séjour dans mon salon.

Pour continuer dans cette lignée (on remarquera que j’ai laissé tomber le style contique  du début, ça commence les bonnes résolutions qu’on tiendra jamais), j’ai décidé de fêter la présence de Primark à Lyon et Noël en même temps en m’y rendant la première semaine de l’ouverture (détail qui fait foi de ma motivation noëlique de cette année) et en en ressortant avec des pyjamas de Noël. Tradition de l’Avent oblige,  je les ai laissés rangés dans ma commode jusqu’au 1er décembre, date à laquelle je me suis mise à convulser en éructant « ÇA Y EST, ON A LE DROIT DE SORTIR SON PYJAMA DE NOEL ! TUTUTU TUTUTULUTU ! », comme les gosses, qui,eux, éructaient qu’ils pouvaient enfin ouvrir leur fucking calendrier de l’Avent. Ma commode était donc devenue une commode de l’Avent.

Et alors là, celui qui n’avait pas souhaité donner suite à ma proposition de départ (la Suède pour celui qui suit pas), a subi les foudres de ma vengeance au goût de pyjama en pilou comme jamais. Du renne, du houx, des boutons, de la flanelle, du col biais, du motif scandinave dans tous les sens. Tiens, have a look.

Tu t’attendais à des photos sexy Christmas Mother ? Héhé.

Je sais donc dans quelle tenue j’attendrai le vieux barbu dans la nuit du 24 au 25, et ça, c’est déjà quelque chose.

Mais voilà, il me manque LA pièce ultime, celle dans laquelle je me sentirai la plus rayonnante de toutes, la plus Noëlle des femmes, j’ai nommé : LE PULL DE NOEL. Parce que je sais pas si t’as remarqué, mais cette année, c’est la tendance. La tendance suprême étant de faire un article sur le pull de Noël. Tu sais, celui du mec de Bridget Jones, le plus kitch, le plus horrible, le plus inqualifiable des pulls, celui que tu ne ressortiras jamais de ton placard excepté dans un an, quand tu auras de nouveau oublié le goût de la dinde et du marron. Bref l’objet inutile par essence, l’objet mode de l’année.

Sache que ce pull, des semaines durant, je l’ai dénigré, méprisé, prétendant que j’étais bien au-dessus de ce type d’engouement, alors que je le voyais apparaître à tours de bras sur Twitter et Instagram.

Mais un matin, je me suis réveillée, avec une seule idée en tête, obsédante et tenace. Je devais me rendre à l’évidence : il me fallait un pull de Noël pour être complètement prête à passer le meilleur Noël de ma vie entière.

Me voilà partie sur Internet, à la recherche du pull parfait. Il y a trois jours.

Un pull de Noël, oui, mais en gardant un minimum d’élégance quand même. Exit donc les pages entières d’immondes rennes au nez rouge, coloris rouge, coloris vert forêt, coloris bleu nuit.

Hors de question aussi de ressembler à une soubrette du Père Noël et d’arborer un message de type «Cette fille AIME le Père Noël (= elle est prête à tout pour une papillote) », « Christmas  sexy bitch », ou encore «Do you want my candy stick ? »  qui me relèguerait au rang de pute de Noël. Non, Noël et sexe étant en inadéquation totale (cf le pyjama, tes cheveux qui fouettent le magret à l’orange, ta tension qui chute d’avoir passé la journée à cuisiner, ton mascara qui a coulé en cuisine, et tes auréoles décoratives), il n’est pas possible de laisser entendre la moindre partie de jambes en l’air post-réveillon.

Alors que, très fière de moi, j’avais trouvé un coquet pull rouge à message, mon cher et tendre me lança un « T’as qu’à écrire JE VOUS HAIS LES BP sur ton pull, tant qu’à faire », pas piqué des hannetons. À croire que le message « Merry F***ing christmas » n’était pas des plus positifs.

Je suis dans la merde. Tous les pulls potables sont en rupture de stock, ou trop loin et donc pas assez rapides pour APRÈS DEMAIN je te rappelle. J’ai même trouvé des tenues de Noël pour les lutins, mais rien pour moi.

hdr

Pas de tenue de Noël, pas de cadeau cette année les enfants.

Il me reste deux jours. Two days. Two fucking days. Two mother fucking days après lesquels je menace officiellement de passer la journée du 24 et le Réveillon du 25 dans mon pyjama fétiche houx-rennes-col biais.

Remarque, je vais peut-être finir par m’en faire un moi-même. Un mashup spécial Bridget Jones / Père Noel est une ordure.

Le Père Noël est Bridget Jones.

Ou Bridget Jones est une ordure.

Bon, je file, je vais acheter de la laine.

hdr

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2 réflexions sur “La pénible histoire du pull de Noel, l’histoire de toute ma vie

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