Au doigt et à l’oeil

Tu es vraiment ma meilleure amie. Du moment, d’accord, mais quand même, avoue que c’est génial. On est dans le même camping, nos emplacements sont voisins, on a le même âge : 9 ans. Enfin, j’ai quelques mois de plus, je suis ton aînée.

D’ailleurs, tu me dois le respect. Et aussi l’obéissance, au doigt et à l’oeil. Toi et les deux autres, là.

J’aimerais que tu coures à côté de moi quand je suis sur mon vélo.

Tiens, si on fabriquait des colliers ensemble avec tes coquillages, pour les vendre ? Toi, tu portes la caisse avec le matériel, et moi je monte sur mon vélo. Et puis demain matin, tu mettras ton réveil à 8h pour aller sur la plage ramasser des coquillages. À marée basse, c’est là qu’on trouve les plus jolis.

Tu étais où aujourd’hui? Oui, c’est ça, toutes tes excuses sont bonnes. Tu étais à la plage, mais hier tu étais au marché et la veille à l’aquarium. Tu dois tenir le stand. Puisque c’est ça, tu es virée du stand. Tu n’as plus le droit de fabriquer et de vendre les colliers avec nous.

Bon, je te pardonne. Ma mère veut que je m’excuse aussi, alors voilà : pardon. Mais en échange, je veux que tu fasses tout ce que je te dis. Et que tu me suives partout : où que j’aille tu dois être.

Tu vas où ? Comment ça tu vas à la plage, tu as vu le temps qu’il fait ? Tes parents ont vraiment des idées bizarres.

Comment ça tu ne veux plus jouer avec moi ? C’est qui ces copines d’abord ? Elle est moche et celle-là est bête comme ses pieds. Tu t’en fiches ? Avec qui est-ce que je vais jouer si toi aussi tu me laisses tomber? Les deux autres sont parties déjà. Elles sont rentrées chez elles.

Attends ! Attends !

Si tu veux, je porte la caisse, monte sur ton vélo, je te suis.

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Aujourd’hui, c’était mon anniversaire…

…et franchement les gars, je peux vous dire une chose en cette fin de journée : vous êtes vraiment barrés. Je suis entourée de gens barrés (sympa quand même, hein, prends pas la mouche et lis la suite…Mais après, tu pourras consulter).

Et pour accompagner cette importante étape de la vie (je déconne, en vrai je m’en tape le coquillard), j’ai eu droit à un florilège anniversarial (oui j’ai le droit d’inventer des mots, c’est MON jour et c’est MON blog) que je partage ici en guise de merci d’avoir pensé à moi.

Commençons par le premier, le tout premier appel, qui provenait de ma soeur (et donc de mon beauf et de mes neveu et nièce) et de son habituel chant familial. Sache que je n’ai pas pu répondre à cet appel (pour des raisons que tu connaitras plus tard) et que pour me punir, ils ont chanté pendant 5 bonnes minutes sur ma messagerie. J’ai bien cru qu’ils finiraient par applaudir à la fin, comme quand tu souffles les bougies, mais ils ont été généreux, ils se sont arrêtés à la version anglaise. Je les remercie de cette délicate attention qui, au passage, peut officiellement être qualifiée de récurrente puisqu’elle se produit lors de chaque passage d’année.

Le second message était plus … fippant, puisqu’il s’agissait d’une personne qui ne parlait pas, mais qui sifflait seulement. Bon, elle sifflait la chanson d’anniversaire, mais ne disait ni son nom, ni ce qu’elle me voulait. Étrange. Si cette personne se reconnaît, j’aimerais qu’elle se dénonce. Les appels anonymes sont punis par la loi. Comme on dit dans mon métier : « Ce n’est pas autorisé ».

Et le troisième venait de ma copine M. Je l’appellerais M. pour des raisons d’anonymat et si un jour elle m’emmerde, je balance tout et je dis qu’elle s’appelle Marion. Donc M. m’appelle, j’ai aussi raté son appel et tu vas vite savoir pourquoi, et elle attaque direct son message en disant qu’elle me souhaite la meilleure journée possible, qu’elle espère que je vais passer du bon temps avec … heu … merde … comment il s’appelle déjà ….ah oui ça y est ton mari quoi, et qu’elle espère que ma journée sera remplie de plénitude et que je ne vais pas avoir besoin de me fâcher, et qu’elle n’a pas vu la différence entre son ancien âge et le nouveau et que je vais voir ça fait ni chaud ni froid (on est de la même année et du même mois).
ALORS LÀ, ÇA PART EN YECOU.
Parce que ce que tu dois savoir, c’est que M. n’a pas d’enfants. Et ce que M. ne sait pas, elle, c’est que ce week-end, j’étais en solo. Mais pas en solo gros panard, hein, en solo accompagnée de la portée de chatons au complet. En maman solo quoi. On passera sur le fait que comment ça, ton mec se barre pour ton anniversaire mais c’est quoi ce mec, et en plus pour aller faire une course de fou en autonomie et tout et tout (en vrai, il s’est fait pardonner avec un chouette week-end mais on n’est pas là pour parler de ça, on est là pour râler et se foutre de la gueule des messages d’aujourd’hui je te rappelle). Elle ne sait pas tout ça, ma chère M.
DONC, à 9h32, heure de ton message, M, j’en étais à ma troisième gueulante et j’avais le doigt brandi (l’index, je brandis toujours l’index quand je menace) et je disais avec ma voix qui rigole pas que si ça continue dans cette ambiance de merde ( mot que je n’ai évidemment pas prononcé, j’ai du dire un truc genre mouise, ou caque, bref, un merde édulcoré), on n’irait pas à la brocante et on resterait là faire du ménage. Et qu’on arrêtait de faire fondre des carreaux de chocolat au micro-ondes pour faire du foufella maison et qu’on arrêtait aussi de s’aboyer dessus (comme ce que j’étais en train de faire, au final).
Pour finir avec ce message, je tiens à signaler que tout de même, je m’interroge sur le fait que M. oublie le prénom de mon cher et tendre mari (15 ans de vie commune quand même), et qu’elle n’a pas vu la différence entre son ancien âge et le nouveau et que je vais voir ça fait ni chaud ni froid. Je crois qu’il faut se rendre à l’évidence, M., tes neurones sont en pleine dégénérescence.

Après tous ces messages (je te raconte pas celui de mes BP qui me souhaitent un bel anniversaire en cette si belle journée du mois de mai), nous voilà partis à la brocante. Parce que pour mon anniversaire, j’ai été vilaine cette année, j’ai dépensé plein de sous : j’avais commencé la journée par une triplette de ventes privées, je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin.

C’est donc le doigt brandi bien fort (tellement bien brandi qu’il était arqué) que j’ai prévenu qu’on n’achèterait pas de choses inutiles ou qu’on avait déjà ou qu’on avait déjà eu mais qu’on avait donné, et que blablabla on dépenserait pas trop. Bref, après une scoliose et trois tendinites, regarde mon Instagram, là, en bas à droite et tu vas voir comment je suis crédible. Sans parler du hot-dog / frites ingurgité debout en faisant la surveillante de cantine en plein cagnard et qui s’est rappelé à mon bon souvenir tout l’après-midi.

Et pendant ce temps, sur FB, commençaient à déferler des messages sympathiques mais ô combien chelous. Pour être plus précise, les messages avaient commencé bien avant, dans la nuit, puisque visiblement des gens dont je tairais le nom, font la course pour souhaiter l’anniversaire de leurs contacts. Ça donne des messages comme  » DEUZ ».
Je me suis même fait traiter de vieille.
Et y’a même des gens qui se font grave mousser en disant que les gens nés en mai c’est les meilleurs et que c’est leur cas.

Dans la  foulée, quelques SMS, inqualifiables. La copine qui se prend en photo déguisée en jury de natation pour faire croire qu’elle participe à des compet’ alors qu’en vrai elle nage le chien.
Et la copine qui m’a envoyé un rébus, que je n’ai toujours pas compris, mais bon, merci, je pense qu’il y a un lien avec mon anniversaire (sauf si elle tente de me dire qu’elle a accouché).

Pour finir cette journée, voilà comment la vie me souhaite mon anniversaire, elle.

Chienne de vie. Juste au moment où je m'apprêtais à me taper un petit repos réparateur post-brocante.

Chienne de vie. Juste au moment où je m’apprêtais à me taper un petit repos réparateur post-brocante.

Clique sur la photo si tu veux bien voir chaque putain de pince à linge éparpillée partout.

Bref, une journée bizarre, une journée comme plein d’autres en réalité, mais que vous avez rendue bien plus piquante.
Alors merci.

PS : ayant déjà participé à des projets illustrés avec l’excellent Papacube (tu trouveras cette merveille crayonnée ) et la non moins talentueuse 4in , c’est un exercice qu’il me plairait de renouveller. Si tu crayonnes et que t’aurais envie qu’on s’accouple sur le papier, manifeste-toi. Sinon faites gaffe, je vais me mettre à crayonner moi aussi et là, faudra pas vous plaindre (doigt brandi arcbouté).

La ligne d’arrivée

Voilà, c’est fini. Une année ou presque de formation, d’allers-retours entre la théorie et la pratique. Parfois sans lien apparent, mais que voulez-vous, dans l’EN, on a l’habitude.
Une année de formation, donc. Des rencontres sympathiques, et bien plus parfois. Des coups de gueule aussi. Des fous rires. Des « on se revoit quand ? ». Des gorges qui se serrent parce qu’on sait peut-être, au fond, que la vie va reprendre le dessus, et que peut-être, sortis de la bulle théorique, on ne se reverra plus.
Une année à prendre des notes, sur un clavier, cette fois. Il faut bien vivre avec son temps ma bonne Yvonne. Une année à courir, à jongler boulot-formation-maison-enfants-maladies-gestionquotidienne-vie sociale. Ah non. Pas vie sociale. pas le temps.

Une année pour écrire un mémoire, préparer un examen, préparer une classe que je ne connaissais pas. Et travailler en même temps dans cette classe, que maintenant je connais.
Une année de rencontres nouvelles, avec des grands, et des très grands.
Une année difficile.
Une année pendant laquelle j’ai compté sur toi, beaucoup, souvent. Sans toi, elle aurait été impossible.
Une année où d’autres ont gardé la main sur mon épaule, de loin, parfois, mais quand même. Pour dire « je suis là », c’est dur, mais « je suis là ».
Une année où d’autres encore ont ôté leur main de mon épaule. Pas assez disponible, trop préoccupée peut-être. Pas assez fun.
Une année où les cartes sont redistribuées.

Une année qu’il va falloir finir, car le plus dur est devant moi : examen, fin d’année scolaire (et adolescents), nouveau poste à la rentrée, ou toujours là ?

Je la vois, la ligne d’arrivée, elle est là, elle me tend les bras. Allez, encore quelques kilomètres.