Polémique, Victor, encore.

Petit coup de grisou du soir, espoir.

(Précision lexicale pour éviter les confusions qui n’ont pas lieu d’être : COMPRENDRE n’est pas CAUTIONNER. Merci.)

Je comprends que toi, le parent, tu aies envie que l’école fasse son travail d’instruction et concocte à ton môme une jolie activité pédagogique autour de l’éclipse demain.

Je comprends l’enseignant qui prépare sa jolie activité, riche et pleine de sens, un beau projet qu’il travaille en classe depuis des semaines, les groupes sont faits, la salle informatique est réservée, et y’aura même la maman de Leïla qui vient donner un coup de main ce matin-là.
Enseignant qui devra tout annuler pour cause de principe de précaution, deux jours avant.

Je comprends le parent qui n’a pas confiance et ne mettra pas son gosse à l’école, parce qu’on ne sait jamais : imagine qu’ils les surveillent mal, il va se cramer les yeux. Non, autant qu’il reste à la maison.

Je comprends aussi l’inspecteur qui aura à faire face à 357 plaintes pour yeux cramés, défaut de surveillance, ou migraines ophtalmiques soudaines. Et qui décide de ne pas faire sortir les enfants.

Je comprends surtout les parents qui ont envie d’être partie prenante de l’instruction de leur gamin, et qui, le temps d’une matinée auront envie de partager ce moment unique avec lui, une paire de lunettes chelous sur le nez, des étoiles dans les yeux. Et de faire craquer l’école, c’est vrai mais en même temps, l’instruction est obligatoire. Pas l’école.

Je comprends tous les points de vue, tous s’entendent et se respectent.

Par contre, ce que je ne comprends pas, c’est la rage déversée sur certains statuts FB, qui donnent l’impression que finalement, on attend que cela, une bonne vieille polémique qui va permettre d’ouvrir les vannes des rancunes. J’ai lu « ces idiots », « ces débiles », et j’en passe, je ne lis pas tout, ça m’épuise.

Mais je ne comprends pas non plus qu’on interdise aux parents d’exercer leur rôle de parents et qu’on ne leur permette pas de faire de ce moment unique un temps fort de l’enfance de leur enfant. Et d’aider à l’instruire. Parce que finalement, chacun se bat pour son bout de gras, hein, mais le bout de gras est le même : l’enfant. Au final, on veut la même chose : l’aider à grandir. 

Je ne comprends pas non plus qu’on brandisse l’étendard du « L’école est obligatoire, vous savez, et voir l’éclipse avec ses parents n’est pas une raison d’absence recevable », provoquant ainsi la perte de confiance mutuelle entre parents et enseignants. La prochaine fois, tu appelleras la directrice et lui diras qu’il avait mal à la gorge. Mais ça va mieux cet après-midi, merci.

Un débat fort, très fort, dans lequel chacun oublie qu’il peut peut-être écouter l’autre et éventuellement faire autrement.

PS : Le titre ? Un jeu de mot foireux, qui, je le sais, plaira à l’un d’entre vous.

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