Premier degré assumé

« Oh ça va, arrête de toujours tout prendre au premier degré . »

Cette phrase m’est revenue avant hier, alors que je lisais l’excellent article de Nadia Daam au sujet de la polémique Orelsan sur Slate. Lire la suite

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Rien

Rien

Cela fait un moment que je ne suis pas venue écrire ici. Je dois te l’avouer,  je suis en manque d’inspiration.

J’ai depuis la rentrée un nouveau poste. Je gère un dispositif spécialisé dans un collège, qui accueille des élèves atteints de troubles cognitifs variés.
Tout va bien, merci, si ce n’est que nous n’avons pas d’AVS depuis la rentrée. Des histoires de contrat, de paperasses.

Sujet polémique donc, puisqu’avec la rentrée, nous ne sommes pas un cas rare. Les témoignages de parents dont la scolarité des enfants ne tient que grâce à la présence de l’AVS à leurs côtés fleurissent sur la toile. Des enfants qui restent chez eux, parfois, des enfants qui pètent les plombs en classe, souvent.
Alors on crie au scandale, on s’offusque et c’est bien normal. La loi 2005 et la scolarisation des élèves handicapés, toussa. Et je suis bien placée pour savoir que sans l’AVS, en dispositif ou en classe, c’est vraiment compliqué.

Je pourrais faire un billet là-dessus. Mais la vérité, c’est que ça m’irrite.

Ce n’est pas l’absence d’AVS qui m’irrite, non, ça, ça me met le feu. C’est la pseudo révolte qui tourne autour. Le problème des AVS existe depuis que les AVS existent. Une riche idée, évidemment, mais à la française : sans moyens. Des gens qu’on paie comme des moins que rien, avec des contrats de 20 heures par semaine et à qui on demande d’être dispo pour s’adapter aux horaires des enfants (qui ont donc du mal à combiner cet emploi avec un autre), avec des CDD d’un an.
Étrange qu’on ait du mal à les recruter, non ?
Parce que souvent, c’est d’un problème de recrutement qu’il s’agit. Pas de candidats ou des candidats qui ne tiennent pas la route, des gens qui finissent des contrats en milieu d’année, des contrats différents selon les AVS … La croix et la bannière.
Les médias pondent donc leur sujet de rentrée, et la blogosphère s’indigne et crie au scandale. Et après ?

Après, seuls ceux qui ont les moyens (médiatiques, relationnels, intellectuels) auront leur AVS plus rapidement que les autres. Les autres ne diront rien. Les parents qui vivent dans ce qu’on appelle « les milieux défavorisés » et qui se battent déjà pour tellement de choses, ou qui ne savent pas qu’on peut se battre pour une AVS, que c’est un droit, ces parents, eux, n’auront pas leur AVS tout de suite. Ou pas du tout pour certains.

Ça me coupe l’envie d’écrire.

Dans les sujets polémiques (Victor) arrive évidemment celui des migrants. Je suis revenue de l’étranger cet été, coupée de l’actu, et je me suis pris de plein fouet cette vague médiatique. Les migrants par ci, les migrants par là. Un véritable phénomène de mode, amplifié par la célébrissime photo du petit mort sur la plage. On découvre subitement la réalité et la violence de la vie de milliers de gens qui fuient la guerre, la terreur ou la misère noire.
Les gens s’offusquent, se persuadant qu’ils sont à nouveau Charlie, alors qu’ils ne l’ont peut-être même jamais été. Et puis, quand ce phénomène de mode s’étiolera, qu’on passera au suivant, quid de la solidarité soudainement mise en place ?

Ça me coupe encore plus l’envie d’écrire.

Et d’ailleurs, quand on vient me parler de solidarité, je ris doucement. Je ris jaune fluo, hein. Parce que quand je vois le lynchage verbal dont a été victime Chag, une instit’ de CP qui n’a de tort que sa capacité décuplée à la déconne, ça me fait peur. Je vous le dis, les gens, vous me faites peur d’avoir la haine comme ça.

Un autre sujet polémique qui titille le blogomonde c’est celui des blogs qui deviennent payants. Pour toi qui n’est pas blogueur, je te dois une explication (les autres vous pouvez passer au point suivant = différenciation pédagogique). Certains blogueurs, et parmi eux de très bons, très très bons blogueurs, ont décidé de rendre leur activité de blogueur professionnelle. Ils ont décrété qu’après tout, c’était du travail et que tout travail mérite salaire et demandent une contribution à leurs lecteurs pour qu’ils puissent continuer à l’être (lecteurs). Bon, disons que chacun fait ce qu’il veut, chacun a sa propre conception du blog, de l’accès à la culture (quoi, ça s’trouve je finirai dans le dictionnaire) et compagnie. Une chose est sûre : si cette idée me vient, tirez-moi une balle dans la tête, comme dans The Walking Dead.

Point de billet là-dessus non plus.

Je pourrais écrire sur mes élèves, mais en général, je choisis des histoires moins fraiches, plus lointaines dans le temps, pour être sûre d’avoir le recul nécessaire avant de venir vous brosser ici le tableau de l’école d’aujourd’hui. Donc non, pas encore.

Je pourrais te dire que je me suis acheté un aspirateur DIZONE (oui acheté, 299 € même, ici point de sponso, point de cadeau, je te rappelle). Peut-être qu’on s’en fout, mais vu que je suis fonctionnaire, tu dois savoir où passent tes impôts. Dans la gestion de la poussière.

Intéressant comme sujet, mais qui ne mérite tout de même pas un billet de blog. Quoique.

Et aussi on pourrait parler de The Walking Dead, une série vraiment très très sale. J’ai toujours flippé ma race devant les films d’horreurs et je ne voulais pas voir cette série. C’était sans compter sur mon geek de mari qui est revenu du boulot en décrétant qu’on ne pouvait pas vivre dans ce siècle sans avoir vu la série. A nous donc les soirées à base de coups de hache dans le crâne, de zombies qui bouffent les viscères des survivants et arrachent avec leurs dents la clavicule des gens. Bon y’a quand même une intrigue. Mais franchement, c’est la palme du dégeu.

Rien à dire de plus la-dessus non plus.

Ah tiens, si, je pourrais écrire un truc sur les efluentmum4 auxquelles je ne participe évidemment pas, n’étant pas une blogueuse maman. Enfin je suis une blogueuse et une maman mais pas une blogueuse maman. C’est quoi une blogueuse maman?

Ah, ça, ça ferait un bon billet de blog, tiens.

Allez, salut.