Sortie scolaire V. 2015

La sortie de fin d’année étant le billet incontournable de tout blogueur parent (enseignant qui plus est) qui se respecte, j’avais dans un premier temps décidé de ne pas le faire.

Et puis, je me suis soufflée à moi-même une idée que j’ai trouvée fort géniale (ça va, mes chevilles vont bien, trankil.) : on ferait un réseau de billets de blogs sur le thème de la sortie scolaire, avec plein de blogueurs drôles et intelligents, et on écrirait et on partagerait tout ça sur nos blogs respectifs. Un truc participatif quoi.

J’ai commencé à prospecter : « Salut, c’est moi, Léonie, bon je suis pas une iffluenteblogueuse mais quand même j’ai des lecteurs qui pètent leur mère, alors voilà, on s’est dit avec moi-même que si ça te disait on pourrait écrire un truc participatif ou même si t’as pas le temps d’écrire on pourrait ressortir un vieux billet drôle, et tout. ». Et on m’a répondu : « Non merci, ça ne m’intéresse pas. ».

Je me suis un peu sentie comme la fourmi qui se fait remballer par l’éléphant de la savane en un coup de queue, un seul.

Alors j’avais laissé béton.

Et puis, j’ai vécu la meilleure sortie de fin d’année de la vie de pour l’instant. Je me suis dit qu’il me fallait la partager, et venir vous la conter.

Sache d’abord qu’en IME la sortie est bien facile. Disons bien plus facile. Déjà on a moins d’élèves et un taux d’encadrement bien plus confortable : souvent, je sors avec 8 élèves et nous sommes 3 adultes (au moins). Ensuite, nous avons à disposition des véhicules de type camionnette estampillée « Association dont je tairais le nom à cause que je souhaite être anonyme », qu’il suffit de réserver une semaine à l’avance. Et enfin, sache que pas mal d’endroit sont gratuits pour les publics porteurs de handicap, et ça, la vérité si je mens, ça pète sa reum. De plus, en terme de paperasseries, tu remplis une fichounette quelques jours avant, tu fais signer ça par un chef et hop, emballez c’est pesé, bonne journée Mâame Qui Pique.

Ce qui ne signifie pas que les sorties se passent mieux. Par exemple, lors de mon avant-dernière sortie, un de mes élèves a tellement gonflé l’animateur du Planétarium que celui-ci l’a menacé (au micro, paie ta latche) d’appeler la sécurité pour le sortir. Et comme il continuait à faire des commentaires à voix haute pendant la projection du film sur la galaxie, ma collègue l’a sorti elle-même, et il a fini par hurler dans le hall du Planétarium : « VOUS ÊTES TOUS DES PUTES DANS CET IME DE MERDE ! BANDE DE PUTES ! CETTE ÉCOLE DE MONGOLES ! »

Hum hum.

Autant te dire que je flipouillais un peu de la sortie suivante. Et ben non, elle fût géniale. Et d’ailleurs, les copains-ines d’Instagrolles en ont vu quelques extraits.

D’abord, un temps mirifique. Et puis, 4 adultes pour 8 gamins. Tu as donc déduit un taux d’encadrement de 0,5 (Wow, fac de maths ?) ou en d’autres termes, un adulte pour deux enfants (pour les autres).

Vu que nous étions partis pour effectuer une sortie à visée hautement pédagogique, nous avons commencé par installer le matériel.

Là, on fait du calcul (dénombrement).

Là, on fait du calcul (dénombrement).

Pff, ça m’a crevée, alors j’ai bu un petit jus sur le fauteuil de camping que mes chers élèves et moi surnommons « la chaise à mémé » (en vrai, dans le texte ça donne « Pousse-toi, laisse la chaise à mémé pour la maîtresse, putain! »).

Fffffffff, c'est dur, là.

Fffffffff, c’est dur, là.

Nous avons ensuite mis en route l’atelier numéro 1 :

Là, on fait de l'Histoire (Cuture humaniste, se repérer dans le temps, la Préhistoire, l'histoire du feu)

Là, on fait de l’Histoire (Cuture humaniste > Se repérer dans le temps > la Préhistoire > l’histoire du feu)

Oui, parce que vois-tu, toi, le prof qui bave de jalousie, le gros gros taux d’encadrement a des avantages secondaires, comme la surveillance du barbecue que tu peux facilement coupler avec la surveillance du groupe. Tu peux même enseigner le barbecue.

La juste cuisson, c'est tout un art.

La juste cuisson, c’est tout un art.

Arrive alors l’atelier « Ouverture de paquets de chips en faisant péter » (sinon c’est pas une sortie scolaire) sans que tout tombe. D’un point de vue pédagogique, on pourrait facilement rattacher cela aux sciences (communément appelées « Culture Scientifique »), avec l’air, le gaz, tout ça, là.

Oui, saveur barbecue. ÇA VA HEIN C'EST PAS MOI QUI FAIS LES PICHNIK, NAMEO LÀ.

Oui, saveur barbecue. ÇA VA HEIN C’EST PAS MOI QUI FAIS LES PICHNIK, NAMEO LÀ.

Et puis, parmi les temps forts de la journée, celui-ci :

On n'est pas bien, là, décontractés du gland ?

On n’est pas bien, là, décontractés du gland ?

Tiens, un autre point de vue :

Où est Charlie ? (dans son cul n'est pas la réponse)

Où est Charlie ? (dans son cul n’est pas la réponse)

Bon en vrai, tu n’as pas le son, sache que c’était bien moins paisible qu’il n’y parait, et si tu doutes, dis toi que cette élève était présente (CLIQUE SUR « CETTE ÉLÈVE », C’EST UN LIEN) (On sait jamais, j’ai des potes pas très branchés nouvelles technologies).

Et en vrai bis, on a fini par faire du jardinage. 30 minutes, mais vu qu’il faisait chaud, ça compte double (des sciences et des maths dans la même phrase, ce billet est bon pour servir de projet pédagogique de sortie scolaire avec nuitée).

Et puis une bataille d’eau et un grand cache-cache (Où certains se sont vraiment perdus…Les troubles de la mémoire, ça pardonne pas.)

Personne n’a vomi. Je n’ai gueulé sur personne. Une sortie qui m’a même détendue.

C’est bien ce que je disais, la meilleure de toute ma vie de pour l’instant.

Et pour s’en remettre, une petite soirée détente :

Là aussi, on fait du calcul. On compte les calories (et les grammes).

Là aussi, on fait du calcul. On compte les calories (et les grammes).

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